et défi tenu : c'est une première sans doute, dans l'histoire de la République française, et par une femme, et femme provenant d'un territoire partie de ce qu'on appelait - il n'y a pas trop longtemps, "Empire français".
Ci-après, avec passages ou surlignés et/ou en italiques mais sans autre altération, quelques copié-collés de l'article publié sous:http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2013/11/14/patrick-chamoiseau-les-racistes-n-ont-plus-de-refuge_3514113_3224.html
"La ministre de la justice, Christiane Taubira, a été victime d'insultes racistes à répétitions. Ces attaques n'ont pas suscité, dans un premier temps, d'émotion particulière dans la classe politique.
"Assiste-t-on à une libération et une banalisation de la parole discriminatoire ? L'écrivain Patrick Chamoiseau, prix Goncourt 1992, s'inquiète de cette prégnance du discours d'extrême-droite.
"Mais le Martiniquais voit également dans cette outrance verbale, cet accès réactionnaire une raison d'espérer." (LeMonde)
Lequel n'aiguise que trois forces aveugles : attaque, défense, souffrance.
Dès lors, l'argument n'a plus d'importance, on ne discute plus d'idées, on n'a plus les moyens de le faire..
"Il ne faut pas se laisser aveugler par ces manifestations de bêtise et de hargne.
Plus elles sont virulentes, plus elles sont le signe qu'un mouvement contraire est en marche.
La Relation est à l'œuvre dans le monde, les absolus civilisationnels, culturels, linguistiques, raciaux, religieux, sont emportés dans la houle des rencontres et mélanges, et tout cela est réinterprété à l'infini par nos individuations. "C'est cela qui terrifie les racistes. Nous ne sommes même plus dans un simple métissage, qui suppose une rencontre d'absolus, nous sommes véritablement dans des flux relationnels erratiques qui bousculent tous les anciens imaginaires : une créole garde les Sceaux de la France, un autre dirige les USA, le différent surgit et se déploie en plein cœur du même !
"Les racistes n'ont plus de refuges (*)! Les vieux clichés racistes nous servent de paravents, de cache-impensable. Les Noirs, les Jaunes, les Blancs ne sont pas "en dehors" les uns des autres.
Les marqueurs traditionnels, raciaux ou autres, ne désignent rien en termes de proximité, de distance ou de fraternité.
"Une œuvre d'art doit nous précipiter en devenir, et le devenir est aujourd'hui dans notre capacité à nous tenir ensemble, debout, solitaires et solidaires, en face de l'impensable.
Condolezza Rice était plus identique à Georges Bush qu'à Nelson Mandela. Cette nouvelle complexité demande un imaginaire de la Relation. C'est aujourd'hui le plus grand objet d'expression artistique et culturelle. Une œuvre d'art ne vaut qu'en ce qu'elle nous mène à fréquenter ce que l'on ne saurait comprendre avec les anciens schèmes mentaux.
Ci-après, avec passages ou surlignés et/ou en italiques mais sans autre altération, quelques copié-collés de l'article publié sous:http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2013/11/14/patrick-chamoiseau-les-racistes-n-ont-plus-de-refuge_3514113_3224.html
"La ministre de la justice, Christiane Taubira, a été victime d'insultes racistes à répétitions. Ces attaques n'ont pas suscité, dans un premier temps, d'émotion particulière dans la classe politique.
"Assiste-t-on à une libération et une banalisation de la parole discriminatoire ? L'écrivain Patrick Chamoiseau, prix Goncourt 1992, s'inquiète de cette prégnance du discours d'extrême-droite.
"Mais le Martiniquais voit également dans cette outrance verbale, cet accès réactionnaire une raison d'espérer." (LeMonde)
* * *
"Or les réformes qu'elles inspirent en France sont portées par une femme, venue d'une périphérie minorée de la République et, de surcroît, de phénotype nègre. On a tous les ingrédients propices au déchaînement de la hargne et de la bêtise. A cela s'ajoute le fait qu'elle soit brillante, forte tête, hardie : cela ne fait que renforcer la hargne et la bêtise qui généralement font leur lit de la médiocrité. A cela s'ajoute enfin qu'un climat délétère s'est installé en France depuis la création du ministère de l'identité nationale, avec la chasse aux immigrés, la diabolisation des musulmans, la stigmatisation des Roms, toute une banalisation électoraliste du discours de l'extrême-droite, lui-même enguirlandé par de sinistres personnages qui font commerce-télé de la xénophobie savante et du racisme au quotidien. On a donné de l'oxygène aux mécanismes du cerveau reptilien. Lequel n'aiguise que trois forces aveugles : attaque, défense, souffrance.
Dès lors, l'argument n'a plus d'importance, on ne discute plus d'idées, on n'a plus les moyens de le faire..
"Il ne faut pas se laisser aveugler par ces manifestations de bêtise et de hargne.
Plus elles sont virulentes, plus elles sont le signe qu'un mouvement contraire est en marche.
La Relation est à l'œuvre dans le monde, les absolus civilisationnels, culturels, linguistiques, raciaux, religieux, sont emportés dans la houle des rencontres et mélanges, et tout cela est réinterprété à l'infini par nos individuations. "C'est cela qui terrifie les racistes. Nous ne sommes même plus dans un simple métissage, qui suppose une rencontre d'absolus, nous sommes véritablement dans des flux relationnels erratiques qui bousculent tous les anciens imaginaires : une créole garde les Sceaux de la France, un autre dirige les USA, le différent surgit et se déploie en plein cœur du même !
"Les racistes n'ont plus de refuges (*)! Les vieux clichés racistes nous servent de paravents, de cache-impensable. Les Noirs, les Jaunes, les Blancs ne sont pas "en dehors" les uns des autres.
Les marqueurs traditionnels, raciaux ou autres, ne désignent rien en termes de proximité, de distance ou de fraternité.
"Une œuvre d'art doit nous précipiter en devenir, et le devenir est aujourd'hui dans notre capacité à nous tenir ensemble, debout, solitaires et solidaires, en face de l'impensable.
Condolezza Rice était plus identique à Georges Bush qu'à Nelson Mandela. Cette nouvelle complexité demande un imaginaire de la Relation. C'est aujourd'hui le plus grand objet d'expression artistique et culturelle. Une œuvre d'art ne vaut qu'en ce qu'elle nous mène à fréquenter ce que l'on ne saurait comprendre avec les anciens schèmes mentaux.
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* Les racistes n'ont plus de refuges :
* Les racistes n'ont plus de refuges :
En Droit - jus cogens, imprescriptibilité des crimes contre les droits humains, inscrits à la Déclaration universelle des Droits de l'homme, instrument de Droit international.
N'est-il pas question ici d'incitation à la discrimination raciale?
Dans les faits d'actualité:
L'ex-candidate FN condamnée : "C'était maladroit, ça n'a rien à voir avec du racisme"
Condamnation d'une ex-candidate FN: "C'est une bonne leçon" estime Pau-Langevin
Condamnation d'une ex-candidate FN : "les magistrats jugent en droit" commente Taubira
La condamnation de l'ex-candidate FN Anne-Sophie Leclère à neuf mois de prison ferme assortie d'une amende de 50.000 euros, pour un photomontage raciste de Christiane Taubira suscite de nombreux commentaires.
Anne-Sophie Leclère a déjà fait savoir qu'elle comptait faire appel.
Le FN, lui aussi condamné à 30.000 euros d'amende, dénonce une décision politique et des "condamnations révoltantes".
Face aux nombreuses réactions, la ministre de la justice a de son coté déclaré que le tribunal avait jugé l'ex-candidate FN selon le "code pénal". "Je ne commente pas les décisions de justice. Je dis simplement une chose : les magistrats jugent en droit, ils agissent selon le code pénal. Ils apprécient à la fois les faits, les circonstances et ils prononcent une sanction qui est conforme au code pénal. Alors ceux qui veulent commenter doivent commencer par commenter le code pénal s'ils veulent avoir un peu de cohérence et de logique", a-t-elle expliqué (voir vidéo en référence colonne).
Revenant également sur les propos de l'avocat du FN, la garde des Sceaux a ajouté qu'"il y a une institution judiciaire dans ce pays qui est une démocratie et la démocratie permet les commentaires les plus fantaisistes sur les sujets les plus sérieux. Ca fait partie des charmes de la démocratie", a-t-elle ironisé.